14 janvier 2009
Bonne Année 2009 !
Bonne année !
Un long silence… qui tend à prouver que nous n'avons pas chômé durant ces dernières semaines !
Période de Noël chargée qui nous a valu de ne faire qu'une très brève incursion à la ville pour réalimenter nos stocks mis à mal par une clientèle pour une fois abondante…Pour nous c'est d'autant plus difficile que nous démarrons en trombe après des mois d'arrêt, et qu'il n'y à guère le temps de roder un peu l'équipe ! Nous avons passé pas mal de temps en cuisine, particulièrement Maï qui orchestre tout cela d'une main de maître! (et qui n'en oublie pas pour autant sa boutique!)
En brousse, l'essentiel des 400km de pistes est ouvert pour les fêtes mais cette année les feux sont très en retard; l'herbe est encore incroyablement verte à Noël et l'observation de la faune en pâtit un peu. Pas de problème pour toutes les antilopes qu'on ne peut manquer dans les zones brûlées, mais les éléphants sont un peu moins vus, ou plutôt moins bien vus dans les pailles, dans lesquelles ils se complaisent de surcroît….
Pour compenser, beaucoup d'observations de lions, comme chaque année en début de saison… Un groupe de sept, un autre de cinq, quatre lionnes….C'est d'autant plus sympa qu'en général une fois observés dans un secteur on les y retrouve assez souvent pendant quelques jours…
Dans le cadre des activités d'aménagement nous avons tracés deux nouvelles pistes, dont la jonction avec le Tchad prévue dans le cadre du parc Binational Séna Oura Boubandjida Yamoussa (BSB Yamoussa, (yamoussa = Eland)). Une fois ouverte (manuellement) nous tentons la jonction en avec le village tchadien de Yapala, en véhicule, en compagnie du conservateur. La piste, qui prolonge celle que nous avons créée l'année surpassée vers le Nord et le confluent de Séna Oura, est difficile et si nous parvenons à destination après un trajet plutôt pénible, le retour s'avère impossible; la sortie du mayo SénaOura, trop abrupte, est infranchissable… d'autant que rassuré par l'équipe des manœuvre sur la facilité du trajet, j'omets d'emmener Tirefort, pelles et pioches, et pire encore, de quoi manger ! Nous passons l'après midi dans l'eau, ensablés d'abord, puis incapables de sortir du mayo dans la glaise grasse, rongés par les tsé-tsé (il n'y en a que là dans le parc !) et à la nuit tombante nous nous résignons à faire demi tour vers Yapala. De là nous contournons tout le nord du parc pour rentrer par Waimba, à l'ouest du parc, dans des conditions un peu "limite". Nous arrivons au camp à 0 heures, trempés, transis (hé oui!) et affamés après avoir fait 150km au lieu de 25….
Pareille galère ne m'était plus arrivée depuis longtemps ! Et n'en déplaise aux amateurs d'aventures, si il fut un temps ou je me complaisais en pareille situation, ça a fini par me passer !? Bizarre, non ?

Voilà, à présent la saison est partie, janvier est bien calme et nous nous attelons aux diverses tâches programmées dans le cadre des projets que j'ai initié : recrutement, équipement formation de gardes villageois, sensibilisation et actions en faveur des populations, aménagements…Des fois que j'en aurais pas eu assez à faire…
La semaine prochaine atelier de travail dans le cadre du Bi national BSB, au campement.
D'ici là il nous reste à souhaiter une bonne année à tous et à toutes, de la part de toute l'équipe de Boubandjida!
…
12 décembre 2008
En direct de la terrasse

Colobe Magistrat dans les arbres au campement...
On ne les avait guère (za !) vu l'an dernier, bien content de les retrouver, qui plus est au Campement !
A la saline en face, le défilé est incessant... Guibs, singes, Cobes de roseau, Defassa et maintenant quelques Cobes de Buffon, Ourébies et Céphalophes...
Le croco était de sortie aussi, mais le temps de chercher l'appareil, il était reparti...
Au bord de la route...
12 12 08
Les fêtes s'approchent à grands pas, et depuis le début de la semaine, nous sommes "opérationnels": l'équipe est au complet et s'il reste quelques réglages à faire, nous sommes prêts pour recevoir le "rush" des vacanciers de Noël ! Rassurez vous tout cela reste bien modeste, mais à l'échelle de Boubandjida, c'est énorme! D'autant qu'après la saison morte, la remise en état du campement il faut d'emblée faire face à la plus grosse affluence de la saison, sans temps de rodage… Ça fait monter la pression !
Maï a rejoint le campement et met la main à la pâte tous azimuts, pour me soulager autant que possible face à la montagne de difficultés en tout genre qui m'érodent petit à petit…
Elle bichonne sa boutique en dévoilant des talents artistiques que je ne lui connaissais pas !

En brousse les feux démarrent tout juste, l'essentiel des pistes est ouvert et les manœuvre ont attaqué le traçage de la jonction Boubandjida Séna Oura, dans l'optique du projet de parc transfrontalier….
Les gardes villageois traînent un peu la patte à se montrer, craignant que je ne les attelle à un quelconque travail, mais l'arrivée impromptue de deux "blancs", possibles clients, sonne le rappel et comme par enchantement, le lendemain je vois apparaître quelques frimousses prudentes… Le tam-tam africain sans doute?...
En tous cas l'intersaison a été assez animée pour eux et je leur pardonne d'autant plus volontiers leur enthousiasme à retardement que la lecture des rapports de patrouille m'a – un peu - rassuré sur le braconnage, qui semble d'année en année se tempérer quelque peu. Il en reste encore assez pour ne pas crier victoire, loin s'en faut. Mais quand même, la litanie des exactions en tous genres des premières années se tarit quelque peu. Surtout il me semble que les braconniers sont plus prudents, plus imaginatifs aussi, mais cela limite la portée de leurs agissements.
Tout cela va dans le bon sens et grâce aux moyens obtenus cette année nous pourrons sûrement encore faire progresser le débat.
Moins rassurant, la niveleuse a très mal commencé la saison. Une panne lourde d'entrée de jeu. Selon un premier diagnostic avant démontage, la même panne que l'année passée: demi arbre de roue cassé. Gros démontage, et délais important pour réceptionner la pièce de rechange hypothèquent gravement la suite des opérations. C'est une vraie déconvenue, une de plus, qui menace gravement mon équilibre financier de plus en plus précaire… Et la crise mondiale n'y est pour rien ! Si quelqu'un a un grigri adapté à mon cas quelque part ?...
Pour respecter la loi de Murphy, le camion est en croix aussi, heureusement que de ce côté l'essentiel est fait : appros, pistes… nous n'en avons pas un besoin urgent. Il semble que de ce coté ce soit la piètre qualité du carburant qui soit en cause. Nous espérons tous que ce n'est pas trop grave…
On s'accroche…

La mare de Leo a pris de l'ampleur cette année, et à priori, pas de trace de braconnage : un nouveau spot pour la pêche ?
24 novembre 2008
Paysages
Le Mayo Lidi en aval du camp, depuis la terrasse

Récolte du coton à Koum, à l'entrée du parc.
L'entrée du Parc, les collines dorées de Koum.
Recommencement...
Recommencement…
Toujours autant de difficultés à mettre mes messages en ligne…
Entre temps j'aurais été deux fois au campement… Là bas tout se passe raisonnablement bien : en d'autres termes pas de catastrophe, et pas trop de travaux non plus. Surtout que je suis contraint de lever le pied face au doute et aux incertitudes de demain concernant le devenir du campement…
La saison des pluies semble avoir été généreuse, mais pour autant à force d'entretien, les pistes ne semblent pas avoir trop souffert. Une équipe recrutée largement dans les villages riverains les plus lointains s'affaire à l'ouverture manuelle des pistes, doublée du camion qui tracte sa herse pour coucher les pailles.
Le recrutement, effectué auprès des chefs de villages a fait grincer quelques dents ici, parmi les gardes villageois, qui se sentent dépossédés de leur exclusivité en matière d'intervention dans le parc. Je leur rappelle non sans satisfaction, combien ils ont renâclé au travail les deux années dernières… j'espère qu'il y aura un peu d'émulation, d'autant qu'avec le budget dont je dispose à présent, ils seraient malvenus de faire trop longtemps les fines bouches…
Au campement aussi tout a plutôt bien tenu. Sauf mes plantes ! Les papayes "Solo", les oreilles d'éléphant; croqués par les porcs-épics, le reste mort de soif en attendant notre retour, la vaillance de nos braves gardiens n'allant tout de même pas jusqu'à puiser de l'eau à la riviere pour quelques plantes…
Quelques problèmes de toiture aussi, avec les tresses de trois toits qui se sont envolées, et le toit de l'auvent un peu affaissé.Rien qui ne nécessite cependant de grand chantier
Donc on recommence…
On s'active de partout, remise en route du groupe électrogène (de 1982) et de la pompe à eau ( de ???), deux grands moments d'appréhension, jardinage à l'aurore, puis nettoyage bricolage remise en état de partout… Ca s'affaire de partout, mais ça prend vite tournure…
D'ici quelques jours nous serons opérationnels, même si tout ne sera pas fin prêt avant plusieurs semaines.
En brousse le camion tracte sa herse et les manoeuvres bouchent les trous et arrangent les passages difficiles, ça avance assez vite, ne seraient ce les inévitables "conneries" ( pas trouvé d'autre mots pour tous ces maux) qui me valent des pannes inutiles : en se treuillant dans un angle improbable, le câble du treuil se coince entre tambour et châssis: une journée de travaux, et un câble de 50 metres tout neuf bon pour faire du tricot! La herse aussi : soudée à grands frais pour être incassable, se retrouve en pièce détachée avant même d'être arrivée au camp ! retour à Tcholliré, réparation et ... rebelotte . Au final deux aller retour plus tard, je bricole une herse sans soudure et jusqu'ici ça à l'air de tenir...
En brousse c'est super ! je dors comme un bienheureux, rompu de saine fatigue physique, occultant toutes les préoccupations de la ville...De plus, la nuit impossible de traîner et donc je suis au lit vers 21 heures après m'être efforcé de durer un peu au coin du feu en méditation devant le mayo Lidi qui coule encore! Grands et rares moments de plénitudes avant les turbulences de la saison. De plus les nuits sont déjà bien fraîches, 15 degres à 6h00... un régal !
Pas moyen de voir la faune encore, l'océan de pailles cache toute vie, et ne seraient ce quelques antilopes qui se risquent dans le camp, on ne voit que les herbes déjà dorées, qui ondulent en attendant les grands feux qui cette année seront semble t'il assez précoce, la paille semblant déjà bien mûre.
Indicateur de quiétude du secteur, rien n'a été brûlé pour le moment, ce qui signifie que le braconnage est un tant soit peu en sourdine : les braconniers brûlent en généraldès que possible, pour faciliter leur déplacement et pour faciliter la chasse. Les brûlis trahissent donc leur activité, et c'est mieux que l'année dernière, qui était mieux que la précédente.
Pourvu que ça dure....
j'essaye de joindre quelques images ...
Saison 3 chapitre 1
Voilà … C’est reparti !
Alors que la France dont nous sommes revenus à la mi-octobre s’enfonce dans la grisaille de l’hiver, nous retrouvons le soleil du Cameroun, de Garoua.
Pas encore l’heure de retourner en brousse, il faudra attendre qu’une équipe de « précurseurs » aille arranger la piste d’accès principale avant de nous aventurer jusqu’au camp.
Pour le moment il nous faut préparer la saison à venir, préparer matériel, stocks et paperasse…
Quelques bonnes nouvelles en attendant : d’abord, la surveillance a été plus soutenue pendant cette intersaison et cela se savait : les braconniers ont donc quelque peu levé le pied, semble t’il.
Alexandre a aussi réussi à motiver quelques amis et ensemble ils sont parvenus à surveiller un peu leur secteur, le Nord Ouest du parc. Bonnes paroles en journées et actions "commando" la nuit; il à réussi à faire un très bon travail de sensibilisation et mis la pressions sur les braconniers qui à présent ne s'affichent plus, au grand jour du moins ! Cela ne s’est pas fait tout seul semble t’il et il a frôlé les ennuis sérieux plus d'une fois ! il a bien du mérite, seul contre tous ! Il aura fallu que le conservateur dépêche un représentant officiel à son secours pour le cautionner et le soutenir, avant que les esprits se calment.
Cela à le mérite d’avoir fait pas mal jaser et il semble que les populations commencent à comprendre que quelque chose est entrain de se passer.
Bonne nouvelles encore sur le plan de la gestion du parc, puisque nous sommes parvenus à obtenir quelques subsides pour la saison à venir :
Les brasseries du Cameroun ouvrent la marche et nous offrent de mettre en place une signalisation routière pour éviter à nos clients de s’égarer en venant jusqu’ici. Pour suivre c’est la société qui commercialise les pesticides à l’origine de différents empoisonnements de plans d’eau qui s’engage à nos côtés pour lutter contre ce fléau, et au delà, se propose de soutenir nos actions en direction des villages !
Puis c’est la fondation Van Thienhoven ( Pays Bas) qui répond positivement à ma demande de subvention. Celle ci permettra d’améliorer un peu les conditions de travail de nos gardes villageois en permettant de financer un peu d’équipement et de salaires pour l’année à venir.
Enfin c’est le RAPAC, (Réseau des Aires Protégées d’Afrique Centrale), qui après quelques hésitations donne une suite favorable à un projet sur deux ans destiner à financer outre de la surveillance et quelques aménagements, quelques actions en direction des villageois. En effet, il ne suffira pas de surveiller le parc, il faut que les populations adhèrent, comprennent et trouvent des solutions de substitution. Il nous faut donc expliquer, convaincre et appuyer les initiatives pour tenter de parvenir à une sécurisation durable.
Nous avons encore d’autres projets en attente de réponse, dont je préfère ne pas encore vous parler en attendant d’en savoir plus ! Tout cela permettra t-il un vrai décollage du parc cette année ?
Petit point noir quand même : si ces subsides sont un vrai bol d’oxygène pour le parc, il reste à espérer que nous ne serons pas trop seul pour mettre tout cela en œuvre !
Par ailleurs, nous n’oublions pas que notre survie économique dépend elle de la fréquentation touristique et que sur ce plan, beaucoup reste à faire !
De plus notre statut à la tête du Campement Touristique est lui aussi assez biscornu et à l'origine de nombreuses inquiétudes et incertitudes quant à l'avenir ! ...
09 octobre 2008
reprise...
bonjour à tous....
Les affaires reprennent...Bientôt, nous serons de retour au Cameroun avec une nouvelle saison et beaucoup de pain sur la planche!
Plein d'espoirs, plein de craintes aussi... la tâche est si...incommensurable... Mais avec le recul de quelques semaines en France, beaucoup de joie à retrouver la brousse, la faune et de satisafction à mesurer aussi le chemin parcouru en deux ans... bien sûr qu'il en reste tant, mais le progrès réalisé est réel et significatif..
Il faudrait qu'il y ait davantage de gens pour venir s'en rendre compte, alors, chers amis aidez nous, faites un peu de "retape" pour ce site qui est vraiment magnifique, et sans aucun doute le plus riche de la sous région d'Afrique...
Car pour assurer l'avenir, nous tous avons besoin de pouvoir vivre de cette activité qui pour passionnante qu'elle puisse être n'en est malheureusement guère lucrative !!!
a très bientôt donc et merci de votre fidélité à tous ...
Paul












