24 novembre 2008
Paysages
Le Mayo Lidi en aval du camp, depuis la terrasse

Récolte du coton à Koum, à l'entrée du parc.
L'entrée du Parc, les collines dorées de Koum.
Recommencement...
Recommencement…
Toujours autant de difficultés à mettre mes messages en ligne…
Entre temps j'aurais été deux fois au campement… Là bas tout se passe raisonnablement bien : en d'autres termes pas de catastrophe, et pas trop de travaux non plus. Surtout que je suis contraint de lever le pied face au doute et aux incertitudes de demain concernant le devenir du campement…
La saison des pluies semble avoir été généreuse, mais pour autant à force d'entretien, les pistes ne semblent pas avoir trop souffert. Une équipe recrutée largement dans les villages riverains les plus lointains s'affaire à l'ouverture manuelle des pistes, doublée du camion qui tracte sa herse pour coucher les pailles.
Le recrutement, effectué auprès des chefs de villages a fait grincer quelques dents ici, parmi les gardes villageois, qui se sentent dépossédés de leur exclusivité en matière d'intervention dans le parc. Je leur rappelle non sans satisfaction, combien ils ont renâclé au travail les deux années dernières… j'espère qu'il y aura un peu d'émulation, d'autant qu'avec le budget dont je dispose à présent, ils seraient malvenus de faire trop longtemps les fines bouches…
Au campement aussi tout a plutôt bien tenu. Sauf mes plantes ! Les papayes "Solo", les oreilles d'éléphant; croqués par les porcs-épics, le reste mort de soif en attendant notre retour, la vaillance de nos braves gardiens n'allant tout de même pas jusqu'à puiser de l'eau à la riviere pour quelques plantes…
Quelques problèmes de toiture aussi, avec les tresses de trois toits qui se sont envolées, et le toit de l'auvent un peu affaissé.Rien qui ne nécessite cependant de grand chantier
Donc on recommence…
On s'active de partout, remise en route du groupe électrogène (de 1982) et de la pompe à eau ( de ???), deux grands moments d'appréhension, jardinage à l'aurore, puis nettoyage bricolage remise en état de partout… Ca s'affaire de partout, mais ça prend vite tournure…
D'ici quelques jours nous serons opérationnels, même si tout ne sera pas fin prêt avant plusieurs semaines.
En brousse le camion tracte sa herse et les manoeuvres bouchent les trous et arrangent les passages difficiles, ça avance assez vite, ne seraient ce les inévitables "conneries" ( pas trouvé d'autre mots pour tous ces maux) qui me valent des pannes inutiles : en se treuillant dans un angle improbable, le câble du treuil se coince entre tambour et châssis: une journée de travaux, et un câble de 50 metres tout neuf bon pour faire du tricot! La herse aussi : soudée à grands frais pour être incassable, se retrouve en pièce détachée avant même d'être arrivée au camp ! retour à Tcholliré, réparation et ... rebelotte . Au final deux aller retour plus tard, je bricole une herse sans soudure et jusqu'ici ça à l'air de tenir...
En brousse c'est super ! je dors comme un bienheureux, rompu de saine fatigue physique, occultant toutes les préoccupations de la ville...De plus, la nuit impossible de traîner et donc je suis au lit vers 21 heures après m'être efforcé de durer un peu au coin du feu en méditation devant le mayo Lidi qui coule encore! Grands et rares moments de plénitudes avant les turbulences de la saison. De plus les nuits sont déjà bien fraîches, 15 degres à 6h00... un régal !
Pas moyen de voir la faune encore, l'océan de pailles cache toute vie, et ne seraient ce quelques antilopes qui se risquent dans le camp, on ne voit que les herbes déjà dorées, qui ondulent en attendant les grands feux qui cette année seront semble t'il assez précoce, la paille semblant déjà bien mûre.
Indicateur de quiétude du secteur, rien n'a été brûlé pour le moment, ce qui signifie que le braconnage est un tant soit peu en sourdine : les braconniers brûlent en généraldès que possible, pour faciliter leur déplacement et pour faciliter la chasse. Les brûlis trahissent donc leur activité, et c'est mieux que l'année dernière, qui était mieux que la précédente.
Pourvu que ça dure....
j'essaye de joindre quelques images ...
Saison 3 chapitre 1
Voilà … C’est reparti !
Alors que la France dont nous sommes revenus à la mi-octobre s’enfonce dans la grisaille de l’hiver, nous retrouvons le soleil du Cameroun, de Garoua.
Pas encore l’heure de retourner en brousse, il faudra attendre qu’une équipe de « précurseurs » aille arranger la piste d’accès principale avant de nous aventurer jusqu’au camp.
Pour le moment il nous faut préparer la saison à venir, préparer matériel, stocks et paperasse…
Quelques bonnes nouvelles en attendant : d’abord, la surveillance a été plus soutenue pendant cette intersaison et cela se savait : les braconniers ont donc quelque peu levé le pied, semble t’il.
Alexandre a aussi réussi à motiver quelques amis et ensemble ils sont parvenus à surveiller un peu leur secteur, le Nord Ouest du parc. Bonnes paroles en journées et actions "commando" la nuit; il à réussi à faire un très bon travail de sensibilisation et mis la pressions sur les braconniers qui à présent ne s'affichent plus, au grand jour du moins ! Cela ne s’est pas fait tout seul semble t’il et il a frôlé les ennuis sérieux plus d'une fois ! il a bien du mérite, seul contre tous ! Il aura fallu que le conservateur dépêche un représentant officiel à son secours pour le cautionner et le soutenir, avant que les esprits se calment.
Cela à le mérite d’avoir fait pas mal jaser et il semble que les populations commencent à comprendre que quelque chose est entrain de se passer.
Bonne nouvelles encore sur le plan de la gestion du parc, puisque nous sommes parvenus à obtenir quelques subsides pour la saison à venir :
Les brasseries du Cameroun ouvrent la marche et nous offrent de mettre en place une signalisation routière pour éviter à nos clients de s’égarer en venant jusqu’ici. Pour suivre c’est la société qui commercialise les pesticides à l’origine de différents empoisonnements de plans d’eau qui s’engage à nos côtés pour lutter contre ce fléau, et au delà, se propose de soutenir nos actions en direction des villages !
Puis c’est la fondation Van Thienhoven ( Pays Bas) qui répond positivement à ma demande de subvention. Celle ci permettra d’améliorer un peu les conditions de travail de nos gardes villageois en permettant de financer un peu d’équipement et de salaires pour l’année à venir.
Enfin c’est le RAPAC, (Réseau des Aires Protégées d’Afrique Centrale), qui après quelques hésitations donne une suite favorable à un projet sur deux ans destiner à financer outre de la surveillance et quelques aménagements, quelques actions en direction des villageois. En effet, il ne suffira pas de surveiller le parc, il faut que les populations adhèrent, comprennent et trouvent des solutions de substitution. Il nous faut donc expliquer, convaincre et appuyer les initiatives pour tenter de parvenir à une sécurisation durable.
Nous avons encore d’autres projets en attente de réponse, dont je préfère ne pas encore vous parler en attendant d’en savoir plus ! Tout cela permettra t-il un vrai décollage du parc cette année ?
Petit point noir quand même : si ces subsides sont un vrai bol d’oxygène pour le parc, il reste à espérer que nous ne serons pas trop seul pour mettre tout cela en œuvre !
Par ailleurs, nous n’oublions pas que notre survie économique dépend elle de la fréquentation touristique et que sur ce plan, beaucoup reste à faire !
De plus notre statut à la tête du Campement Touristique est lui aussi assez biscornu et à l'origine de nombreuses inquiétudes et incertitudes quant à l'avenir ! ...








